Handicap, le rapport de l’ONU …


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Le rapport de l’ONU qui demande la fermeture des établissements

Pour lire le rapport complet

L’ONU a publié au printemps dernier un rapport très critique sur les droits des personnes handicapées en France ;il y est  affirmé que la  désinstitutionnalisation  doit devenir une priorité afin d’offrir des réponses et des solutions inclusives.

La rapporteuse, Catalina Devandas-Aguilar, estime que la France encourage toujours le placement des personnes handicapées en établissements ; d’après elle, « ces institutions restreignent toutes la liberté des personnes handicapées, les séparent et les isolent de la collectivité, leur ôtent le choix et le pouvoir de décision en matière de lieu de vie et de mesures d’assistance, et les restreignent considérablement dans leur prise de décisions au quotidien ». Les personnes handicapées, y compris celles qui nécessitent beaucoup de soins, “doivent avoir la possibilité de vivre en société, et de choisir leur lieu de résidence et les personnes avec lesquelles elles vivent”.

Mme Devandas-Aguilar encourage la France à déployer “d’autres solutions de proximité qui respectent les droits et la dignité des personnes handicapées, à scolariser tous les enfants handicapés qui s’y trouvent dans des établissements ordinaires “en veillant à leur apporter le soutien dont ils ont besoin ».

L’APAJH 04 se retrouve tout à fait dans ce point de vue de la rapporteuse : désinstitutionalisation des réponses, priorité aux solutions inclusives qui permettent à tous de choisir leur mode de vie, au sein même de la société. C’est l’objectif qui nous anime et vers lequel nous portons tous nos efforts. Mais cette transition vers un modèle de réponse 100 % inclusif ne peut se faire qu’au rythme des évolutions sociétales. La fermeture d’établissements préconisée par la rapporteuse ne peut se concevoir que lorsque les solutions inclusives sont à disposition des personnes, elle ne peut être consécutive à un moratoire imposé pour tarir les inscriptions en institution. Enfin, certaines personnes, celles qui nécessitent beaucoup de soins, ne peuvent actuellement concevoir de possibilité de vie hors institution ; il convient de travailler à inventer de nouvelles  solutions plus en proximité avant d’envisager toute fermeture d’établissement aujourd’hui unique solution pour celles-ci.

Continuons donc à inventer des solutions de proximité, vers une société toujours plus inclusive, mais sans rupture dans l’accompagnement des personnes les plus en difficulté